prélude

Les doutes et les certitudes font partie intégrante et essentielle de la vie d’un peintre. La quête d’une œuvre réside dans l’équilibre de ces deux valeurs.

Les travaux proposés symbolisent nos libertés cloisonnées, nos fougues contenues, nos désirs inassouvis. Ce sont des polaroïds du moment.
Comme des vérités révélées.
Comme des révélateurs d’oppositions.
Comme une ambivalence qui réside entre harmonie et dissonance, entre sérénité et turbulence.

De perspectives accentuées, déformées, inversées, chevauchées, bousculées émerge un espace nouveau, non situé, à inventer, à recréer pour envisager une autre lecture de la réalité du propos. Pour rendre permissible ce passage entre intérieur et extérieur, être à la fois dedans et dehors, un passé présent et un futur présent à venir.

Se perdre pour mieux se retrouver, restructurer les désordres accumulés et consentis pour retrouver un équilibre tangible équilibrant.
Comme un remaniement du quotidien. Créer est un exutoire primordial pour faire partager, susciter des réactions, des questionnements émis par l'artiste. Mais aussi en retour par le spectateur.
Histoire de continuer à dialoguer ensemble.

 

La peinture de Jean-Pierre Bertozzi est une peinture d’images qui émergent d’un fond de multiples expériences, qui résument d’une certaine manière le sens profond de son « vécu ».
L’acte créatif se configure dans un contexte d’auto-analyse où la conscience recherche dans l’œuvre sa propre objectivation.
Les œuvres de Bertozzi sont d’une sonorité étouffée, souterraine, secrète, baignant dans une lumière nocturne, portant en elles une dynamique rituelle interne propre.
L’image « survient » dans un espace neutre, sa structure crée une réalité figurative d’une matérialité subtile, en suspens dans un présent sans temps.
C’est une œuvre riche et sensible, celle d’un artiste français, qui se nourrit d’une connaissance de typiques moments existentiels, faite d’allusions, d’assonances, de citations qui donnent forme à un langage de pure émotion visuelle.

Romano Morando, janvier 2005